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Le point de départ de cet ambitieux projet est amorcé par les réflexions des CFF sur la mise en conformité de la gare de Renens dont l’infrastructure, largement résiliente, n’est plus en mesure d’assurer de manière satisfaisante et sécurisée sa fonction initiale.
L’objectif du concours est d’abord d’établir une liaison forte, efficace et visible entre le nord et le sud de la gare de Renens coupées en deux par les voies ferrées. Ensuite, il est attendu une réflexion sur la requalification des abords de la gare en réaménageant les places qui lui sont attenantes. L’organisation d’une interface multimodale performante et l’accueil d’une station-vélos font également partie du programme du concours. D’autre part, un périmètre élargi permet d’apporter une vision urbaine plus large en intégrant la mutation des bâtiments en bords des voies de part et d’autre de la gare.

La proposition s’appuie sur la création d’une passerelle recouverte côté place, d’un filtre végétal en lierre qui donne son nom et son identité au projet : le Rayon Vert. L’aménagement des places permet de créer un sol unitaire animé de bandes programmatiques qui accueille l’ensemble des aménagements paysagers, le mobilier et la signalétique urbaine.

La géométrie et l’implantation du passage sont façonnées par les flux de voyageurs et d’usagers et l’inscrivent dans le cœur de la vie publique régionale. Cette liaison spatiale est rendue particulièrement lisible par le traitement végétal dont elle est le support. Un voile de lierre se déploie à l’est de la passerelle et lie les deux places au nord et au sud des voies CFF. Le feuillage dialogue avec les usagers du passage et interpelle, à l’extérieur, les passants comme un signal fort dans la ville.

Les places nord et sud sont appréhendées comme un seul espace dont la passerelle permet d’assurer les liens de continuités spatiales et fonctionnels. L’espace public est traité comme une zone de rencontre garantissant la mixité des usages. Si l’ensemble des aménagements sont regroupés dans des bandes traitées en pépites colorées, les abris-bus et de tram sont placées plus librement grâce à la géométrie de leur couvert. Ce dernier reprend le langage végétal mis en place en réinterprétant la feuille des tilleuls qui couvriront la place.

Entre urbanisme et architecture, entre infrastructure et espace public, le projet rayon vert est l’occasion pour nous de tirer une expérience riche d’enseignements :
Tout d’abord en expérimentant, dans la durée, la valeur d’une image directrice définit lors d’un concours. Un projet de cette ampleur s’étend sur près de 10 ans d’étude pour plus de 5 ans de travaux et une durée de vie de plusieurs décennies…L’enjeu est alors de mettre en place un projet qui soit suffisamment fort dans sa spatialisé pour permettre de faire partager une vision à tous les acteurs en présence. Par ailleurs, cette vision doit nécessairement avoir une flexibilité et une souplesse d’évolution importante. Un projet de cette nature est en effet par essence, en perpétuelle redéfinition, répondant sans cesses à des contraintes dynamiques et évolutives.