Une passerelle qui relie les paysages

L’ambitieux développement du réseau de mobilité douce dans la plaine du Rhône vise autant à renforcer l’attractivité des modes actifs pour les pendulaires des pôles d’activités rhodaniens (7’000 emplois), que pour les habitants-usagers du fleuve et de ses infrastructures de loisirs.

Le concours pour la passerelle de Charbonnière s’inscrit dans ce nouveau maillage de mobilité douce. A cet égard, le projet se doit d’assurer la meilleure lisibilité et fonctionnalité de parcours pour tous les modes actifs, mais également de répondre au très fort caractère paysager du lieu. Ce dernier est constitué d’une plaine alluviale, dont le fleuve, aujourd’hui endigué, est un marqueur d’identité majeur, mais aussi une frontière symbolique et fonctionnelle. Le Rhône marque en effet la limite entre deux cantons et contraint les échanges par les quelques franchissements qui l’enjambent.

Dans ce contexte, poser une passerelle sur le fleuve n’est pas simplement un geste infrastructurel, mais avant tout une manière de changer le regard sur une frontière symbolique qui devient désormais la colonne vertébrale de tout le réseau de mobilité.

Le tracé proposé pour la passerelle dessine une légère courbe qui reprend l’axe du chemin de Pré-Comte sur la rive droite, puis s’infléchit pour arriver sur la rive gauche de manière que les flux autant ascendants que descendants puissent entrer et sortir de l’ouvrage de manière fluide. Les entrées et sorties de la passerelle sont pensées en plan de sorte à « orienter » au sens cardinal les flux d’usagers, d’un côté par une droite et de l’autre par une courbe. La légère courbe de l’ouvrage permet également d’offrir une richesse de parcours puisque l’on ne voit pas a priori la sortie de la passerelle depuis son entrée.

A la variété du parcours en plan répond l’animation altimétrique du parapet, constitué d’un caisson métallique fermé qui s’élève jusqu’à 80 cm au-dessus du tablier. En élévation, cette parabole très tendue confère à l’ouvrage une grande finesse et donne à lire une courbe très élancée qui s’affine sur les culées. Lors du parcours sur l’ouvrage, elle offre un sentiment de sécurité lorsque l’usager se trouve au milieu du Rhône, tout en laissant libre la vue sur le paysage puisque le garde-corps qui se trouve au-dessus est constitué d’un simple treillis.