Image 3D : © groupement Rayon Vert

Les deux photos ci-dessus : © Michel Bonvin

 

Le point de départ de cet ambitieux projet a été amorcé au début des années 2000 par des réflexions sur la mise en conformité de la gare de Renens, dont l’infrastructure, devenue largement obsolète, n’était plus en mesure d’assurer sa fonction initiale, de manière satisfaisante et sécurisée. Un concours a ainsi été organisé en 2007.

Le projet du Rayon Vert, lauréat du concours, s’est démarqué en proposant un franchissement passant au-dessus des voies de chemin de fer, à la place d’un passage souterrain. L’objectif de la passerelle résidait dans la volonté d’établir une liaison forte, efficace et visible entre le nord et le sud de la gare de Renens. Une réflexion sur la requalification et le réaménagement des abords de la gare et de ses places attenantes au nord et au sud a également été menée. L’organisation d’une interface multimodale performante et l’installation d’une station-vélos faisait aussi partie du programme. D’autre part, un périmètre élargi a permis d’apporter une vision urbaine plus large, en intégrant la mutation des bâtiments en bordure des voies, de part et d’autre de la gare.

La géométrie et l’implantation de la passerelle sont façonnées par les flux des voyageurs et des usagers et l’inscrivent dans le cœur de la vie publique régionale. Cette liaison spatiale est rendue particulièrement lisible par le traitement végétal dont elle est le support. Un voile de lierre se déploie sur les faces est et sud de la passerelle et lie les deux places au nord et au sud des voies CFF. Ce filtre végétal dialogue avec la structure arboriforme, contribue à créer un signal fort dans la ville et attribue son nom et son identité au projet : le Rayon Vert.

Les places nord et sud sont appréhendées comme un seul espace dont la passerelle permet d’assurer les liens de continuités spatiales et fonctionnelles. L’espace public est traité comme une zone de rencontres garantissant la mixité des usages. Si l’ensemble des aménagements est regroupé dans des bandes traitées au sol en pépites colorées, les abris-bus et de tram sont placés plus librement grâce à la géométrie de leurs couverts. Ces derniers reprennent le langage végétal mis en place, en réinterprétant la feuille des tilleuls qui couvriront la place.

Entre urbanisme et architecture, entre infrastructure et espace public, le projet Rayon Vert est l’occasion pour nous de tirer une expérience riche d’enseignements : tout d’abord en expérimentant dans la durée la valeur d’une image directrice, définie lors du concours en 2007. Un projet de cette ampleur s’étend sur près de 10 ans d’études pour plus de 5 ans de travaux et une durée de vie de plusieurs décennies… L’enjeu est alors de mettre en place un projet qui soit suffisamment fort dans sa spatialité pour permettre de faire partager une vision à tous les acteurs en présence. Par ailleurs, cette projection doit nécessairement avoir une flexibilité et une souplesse d’évolution importante. Un projet de cette nature est en effet par essence, en perpétuelle redéfinition, répondant sans cesse à des contraintes dynamiques et évolutives.